Posts Tagged 'New-wave'

J’croise aux hybrides

Alain Bashung – Martine Boude (MP3)

Echo & The Bunnymen – Thorn Of Crowns (MP3)

« Ah, le salaud ! L’humiliation encore, pour nous tous. Le Laughing Stock d’ici ? ». Ce commentaire (cité approximativement de mémoire) est de Dominique A, à la sortie de L’Imprudence de Bashung. Le salaud est mort, mais ses disques humiliants palpitent encore de leurs mille influences et autant d’invités, ouverts aux quatre vents de l’étranger : Marc Ribot, Arto Lindsay, Link Wray, Colin Newman, Blixa Bargeld, Adrian Utley, Steve Nieve, et jusqu’à l’impeccable M. Ward sur l’ultime Bleu Pétrole.

Name-dropping un peu vain s’il ne traduisait bien l’éclectisme sonore d’une carrière entre blues-rock concassé et new wave atmosphérique, capable de passer en à peine un an du jouissif et tubesque Pizza (1981) à l’invraisemblable, frigide et génial Play Blessures (1982).  Depuis trois jours, on parle beaucoup, à raison bien sûr, des ébats textuels de Bashung, Fauque et Bergman, ces hybridations entre cadavres exquis et associations d’idées qui l’ont installé à la droite du père Gainsbourg. On dit peut-être un peu moins que, comme ce même Gainsbourg, il a su aller butiner dans son époque et hors de ses frontières, histoire de ne pas rejouer, comme trop de groupes français, une bataille déjà perdue dix ans plus tôt et des milliers de kilomètres trop loin.

Le test est facile : écouter les rythmiques tribalisantes et les échardes de guitare de « Martine Boude », sur Play Blessures, puis le « Thorn of Crowns » de Echo & The Bunnymen, composé deux ans plus tard pour l’album Ocean Rain. En parcourir les corps caverneux, chuter de leurs falaises telle la lune dans le caniveau – film chronologiquement intercalé entre les deux albums en question, d’ailleurs. Déboucher sur la mer de l’intranquillité, aussi limpide qu’inquiétante, avec cette conclusion : en 1982, année de Pornography, il était possible, en France aussi, de sortir un grand disque new wave.

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4 heures d’usine, 3 minutes de Distractions

The Distractions – Time Goes By So Slow (MP3)

Un film et un coffret pour le mois de janvier : trente ans après sa création, Factory est plus que jamais à la mode. Une fois sorti du très bon film de Grant Gee sur Joy Division, rentrez-donc chez vous et écoutez le coffret Communications 1978-1992. Ou plutôt pelez-le, comme un fruit. Première épluchure : Joy Division/New Order et leurs satellites (The Other Two, Electronic…), seize titres sur soixante-trois. Du classique de chez traditionnel (« Love Will Tear Us Apart », « Blue Monday »…), évidemment incontournable. Deuxième épluchure : les singles historiques (« Electricity », de Orchestral Manoeuvres in The Dark) et les meilleurs titres (« Sketch for Summer » de The Durutti Column, dont je parlais ici) des seconds rôles les plus célèbres du label. Troisième couche, les troisième couteaux. Les groupes que plus grand monde ne connaît , à part les types qui étaient en classe avec Martin Hannett et Tony Wilson ou ceux qui ont collectionné les références du label, une par une (ce qui inclut non seulement plein de disques mais aussi des posters, un chat, un pari et même un cercueil). Des groupes comme les Distractions, par exemple, coincés sur le premier disque entre deux monuments de Joy Division (« She’s Lost Control » et « Transmission »), avec leur nom en The, chose finalement assez rare chez Factory. Un groupe comme égaré là, qui n’a enregistré qu’un single pour le label, qui ne reçut pas beaucoup de promotion de ses hôtes suivants, Island. Cinq musiciens au son assez éloigné de la cold-wave ou des influences africaines ou caribéennes de Factory, pour un morceau nappé de synthés mais finalement assez sixties dans l’esprit. Trois minutes de distraction obligatoire au moment de visiter l’usine.


Everyday I Write The Book



Je suis l'auteur de Brit Pulp. La britpop selon Pulp, de Thatcher à Blair, un livre sur Pulp et la culture pop britannique de la fin des années 70 à nos jours. Vous pouvez l'acheter chez la Fnac, sur Amazon Marketplace, sur Alapage, sur le site des Cahiers du Rock et sur celui de l'Irma.

Explicit Lyrics

"My week beats your year" (Lou Reed, notes de pochette de Metal Machine Music)

My My Hey Hey

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