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L’aventure c’est l’Adventure

The Adventure Babies – Barking Mad (MP3)

Factory, suite : après The Durutti Column et The Distractions, The Adventure Babies. Factory, suite et fin :  le single « Barking Mad », extrait de l’album Laugh, référence FAC357, dernière nouveauté sortie par le label de Tony Wilson, en novembre 1992. L’album en question a une réputation de chef-d’oeuvre caché un peu usurpée – l’oubli et l’absence étant les meilleurs dopants dans la course aux groupes maudits.

Au milieu d’une pop solaire qui aurait pu faire leur fortune quelques années plus tard, en pleine fièvre britpop, quelques ballades dispensables et une production un peu froide (signée Steve Lillywhite, le producteur attitré de U2) empêchent les Adventure Babies de siéger comme ils le voudraient au Panthéon, en-dessous des Beach Boys et à la droite de Love. En revanche, « Barking Mad » leur offre directement une place à la table d’Andy Partridge de XTC  (cette pastorale anglaise descendant en ligne droite de « Dear God »).

Les meilleures chansons pop adolescentes – celles des Beach Boys de Pet Sounds, par exemple – ne parlent que de perte, de regrets  et de petite mort, et semblent perpétuellement au bord de l’évanouissement. « Barking Mad » théorisait cela en étant plusieurs fois sûr le point d’expirer avant de repartir plus vite, plus haut, plus fort. Le mois même de la sortie de Laugh, Factory, coulé par le coût pharaonique du Yes, Please! des Happy Mondays, faisait faillite. Défaite en chantant : les Adventures Babies étaient morts, mais de leur belle mort.

4 heures d’usine, 3 minutes de Distractions

The Distractions – Time Goes By So Slow (MP3)

Un film et un coffret pour le mois de janvier : trente ans après sa création, Factory est plus que jamais à la mode. Une fois sorti du très bon film de Grant Gee sur Joy Division, rentrez-donc chez vous et écoutez le coffret Communications 1978-1992. Ou plutôt pelez-le, comme un fruit. Première épluchure : Joy Division/New Order et leurs satellites (The Other Two, Electronic…), seize titres sur soixante-trois. Du classique de chez traditionnel (« Love Will Tear Us Apart », « Blue Monday »…), évidemment incontournable. Deuxième épluchure : les singles historiques (« Electricity », de Orchestral Manoeuvres in The Dark) et les meilleurs titres (« Sketch for Summer » de The Durutti Column, dont je parlais ici) des seconds rôles les plus célèbres du label. Troisième couche, les troisième couteaux. Les groupes que plus grand monde ne connaît , à part les types qui étaient en classe avec Martin Hannett et Tony Wilson ou ceux qui ont collectionné les références du label, une par une (ce qui inclut non seulement plein de disques mais aussi des posters, un chat, un pari et même un cercueil). Des groupes comme les Distractions, par exemple, coincés sur le premier disque entre deux monuments de Joy Division (« She’s Lost Control » et « Transmission »), avec leur nom en The, chose finalement assez rare chez Factory. Un groupe comme égaré là, qui n’a enregistré qu’un single pour le label, qui ne reçut pas beaucoup de promotion de ses hôtes suivants, Island. Cinq musiciens au son assez éloigné de la cold-wave ou des influences africaines ou caribéennes de Factory, pour un morceau nappé de synthés mais finalement assez sixties dans l’esprit. Trois minutes de distraction obligatoire au moment de visiter l’usine.

L’amour au temps du CAC 40

The Durutti Column – Sketch for Summer (MP3)

On connaissait les livres de crise, les émissions de crise, le président de crise, les groupes Facebook de crise, les tee-shirts de crise, voici venu le temps des disques de crise : The Durutti Column annonce pour mars la sortie de son nouvel album, joliment titré Love in the Time of Recession mais à la pochette aussi joyeuse qu’une visite au Pôle Emploi. Vu la maigreur caractéristique de Viny Reilly, on peut de toute façon supposer qu’il a vécu continûment en récession depuis son premier album, The Return of the Durutti Column (1980), sa pulsation alanguie et ses guitares pastel. Le premier titre de ce disque inaugural s’appelait « Sketch for Summer », mais ouvrait pourtant un album d’hiver, ébauché alors que l’Angleterre sortait d’une période de grand froid et d’un coup de chaud social (baptisé « l’hiver du mécontentement » par la presse, formule piquée dans l’oeuvre d’un petit écrivain indé nommé William Shakespeare) qui avaient débouché sur l’élection de Margaret Thatcher. Un vrai disque de crise, court (28 minutes), produit par un label encore débutant (Factory) et vendu dans une pochette en papier de verre. Tout un programme pour les trente ans à venir, dont Vini Reilly n’a jamais dévié, avec une belle obstination. Ce qu’il y a de bien dans la crise actuelle, c’est que ce sont peut-être les groupes qui l’ont toujours connue qui s’y adapteront le mieux.


Everyday I Write The Book



Je suis l'auteur de Brit Pulp. La britpop selon Pulp, de Thatcher à Blair, un livre sur Pulp et la culture pop britannique de la fin des années 70 à nos jours. Vous pouvez l'acheter chez la Fnac, sur Amazon Marketplace, sur Alapage, sur le site des Cahiers du Rock et sur celui de l'Irma.

Explicit Lyrics

"My week beats your year" (Lou Reed, notes de pochette de Metal Machine Music)

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