Archive pour mars 2009

J’croise aux hybrides

Alain Bashung – Martine Boude (MP3)

Echo & The Bunnymen – Thorn Of Crowns (MP3)

« Ah, le salaud ! L’humiliation encore, pour nous tous. Le Laughing Stock d’ici ? ». Ce commentaire (cité approximativement de mémoire) est de Dominique A, à la sortie de L’Imprudence de Bashung. Le salaud est mort, mais ses disques humiliants palpitent encore de leurs mille influences et autant d’invités, ouverts aux quatre vents de l’étranger : Marc Ribot, Arto Lindsay, Link Wray, Colin Newman, Blixa Bargeld, Adrian Utley, Steve Nieve, et jusqu’à l’impeccable M. Ward sur l’ultime Bleu Pétrole.

Name-dropping un peu vain s’il ne traduisait bien l’éclectisme sonore d’une carrière entre blues-rock concassé et new wave atmosphérique, capable de passer en à peine un an du jouissif et tubesque Pizza (1981) à l’invraisemblable, frigide et génial Play Blessures (1982).  Depuis trois jours, on parle beaucoup, à raison bien sûr, des ébats textuels de Bashung, Fauque et Bergman, ces hybridations entre cadavres exquis et associations d’idées qui l’ont installé à la droite du père Gainsbourg. On dit peut-être un peu moins que, comme ce même Gainsbourg, il a su aller butiner dans son époque et hors de ses frontières, histoire de ne pas rejouer, comme trop de groupes français, une bataille déjà perdue dix ans plus tôt et des milliers de kilomètres trop loin.

Le test est facile : écouter les rythmiques tribalisantes et les échardes de guitare de « Martine Boude », sur Play Blessures, puis le « Thorn of Crowns » de Echo & The Bunnymen, composé deux ans plus tard pour l’album Ocean Rain. En parcourir les corps caverneux, chuter de leurs falaises telle la lune dans le caniveau – film chronologiquement intercalé entre les deux albums en question, d’ailleurs. Déboucher sur la mer de l’intranquillité, aussi limpide qu’inquiétante, avec cette conclusion : en 1982, année de Pornography, il était possible, en France aussi, de sortir un grand disque new wave.

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Quadragénial

Alceu Valença et Geraldo Azevedo – Virgem Virginia (MP3)
Alceu Valença et Geraldo Azevedo – Mister Misterio (MP3)

Comme beaucoup de chefs-d’oeuvre brésiliens des années 60-70, Quadrafonico d’Alceu Valença et Geraldo Azevedo est difficilement trouvable, sauf à passer son dimanche après-midi aux puces de Salvador de Bahia. Dommage, car le disque est presque du niveau du sublime Se o caso e chorar sorti la même année par Tom Zé (d’ailleurs lui aussi difficilement trouvable, le monde est bien fait) : un beau foutoir dû à l’alliance d’un frisé (Valença), d’un moustachu (Azevedo) et d’un homme invisible absent de la pochette, le grand arrangeur Rogerio Duprat, qui a posé sa patte sur les meilleurs disques brésiliens de l’époque (Caetano Veloso, Os Mutantes, Gilberto Gil…). Comme souvent avec la musique brésilienne, le résultat donne envie d’empiler joyeusement les adjectifs sans se soucier des bonnes manières manières grammaticales ni des pléonasmes (après tout, eux appellent bien leurs chansons « Mister Misterio » ou « Virgem Virginia ») : tropical, béoesque, psyché, folk, entraînant, émouvant, enthousiasmant. Dans le grand dico de la musique sud-américaine, on le retrouvera à MPB, comme merveilleux psychédélisme brésilien.


Everyday I Write The Book



Je suis l'auteur de Brit Pulp. La britpop selon Pulp, de Thatcher à Blair, un livre sur Pulp et la culture pop britannique de la fin des années 70 à nos jours. Vous pouvez l'acheter chez la Fnac, sur Amazon Marketplace, sur Alapage, sur le site des Cahiers du Rock et sur celui de l'Irma.

Explicit Lyrics

"My week beats your year" (Lou Reed, notes de pochette de Metal Machine Music)

My My Hey Hey

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